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Journée Mondiale de l'Environnement: les impacts de l'exploitation pétrolière sur la nature

06 Juin 2017
Categorie: Actualités
Tag: PHP

 

 

« Rapprocher les gens de la nature » est le thème choisi pour la Journée Mondiale de l'Environnement (JME) 2017… nous dirons plutôt « réconcilier les gens avec la nature » ; pour cela il faudra que l’Homme respecte la nature pour qu’il puisse la comprendre, l’apprécier, en profiter, ... Pour cela il faudra que l’Homme se responsabilise plutot que de se culpabiliser.

Cairn Energy a annoncé la découverte de pétrole à 100 kilomètres des côtes du Sénégal exactement à 1 427 mètres de profondeur sur le puits FAN-1
© Shutterstock

 

La Journée mondiale de l'environnement est l'événement annuel le plus important incitant à la prise de conscience de la dégradation de notre environnement, à la prise de mesures environnementales positives, au changement de comportement dans le but de sauver notre environnement.

 

Pour le Sénégal, la thématique de la JME 2017 tombe au moment où notre pays va intégrer le cercle restreint de pays producteurs de pétrole et de gaz. Cependant, il est connu que l’exploitation de ces ressources n’est pas sans conséquences sur l’Homme et la nature. Nous nous attarderons sur les conséquences majeures de l’exploitation pétrolière sur la nature, JME 2017 oblige.

 

Les dégâts provoqués par l’industrie pétrolière touchent les trois réceptacles qui sont à la base de notre environnement : l’air, l’eau et les sols.

 

Impact sur l’air

Puits de pétrole dans le delta du Niger près de Port Harcourt, Rivers, Nigeria
© yannarthusbertrand2.org

 

En effet, à pratiquement toutes les étapes de l’exploitation pétrolière (de l’extraction en passant par le raffinage puis le transport), des gaz toxiques et/ou à effet de serre sont émis dans l’atmosphère. Ce qui va augmenter l’empreinte écologique du Sénégal.

 

Parmi les gaz émis, on peut citer les oxydes de soufre et les oxydes d’azote qui sont à l’origine des pluies acides. Ces dernières induisent une forte érosion des roches et des bâtiments et nuisent à certains êtres vivants. Elles favorisent également l’acidification des océans et des lacs, détruisant ainsi les planctons qui s’y trouvent, lesquels assurent une part significative de la production de l’oxygène que nous respirons sur Terre.

 

D’autres gaz aussi dangereux comme les composés organiques volatiles, le CO2 (principal gaz à effet de serre) sont également émis dans l’atmosphère, contribuant pour le second au réchauffement climatique dont nous connaissons l’impact négatif sur le vivant.

 

Impact sur les sols

Un oléoduc transportant du pétrole brut a rompu au sud d'Israël le 3 décembre 2014, déversant des millions de litres de pétrole brut dans la zone naturelle protégée d'Evrona.

 

Dans certains cas, l’exploitation pétrolière peut nécessiter la construction de fosses (ou piscines), ce qui occasionne le rejet de produits toxiques dans les sols. Ces produits toxiques peuvent contaminer les sols, les rendant ainsi impropres à la culture. Des conflits peuvent alors naitre entre les populations entrainant ainsi une migration de ces dernières, ce qui conduit à la dégradation de la nature pour l’installation de nouveaux villages et l’exploitation de nouvelles terres à des fins agricoles principalement. Pour cette installation, la déforestation voir l’agression des espaces devient inévitable occasionnant une perte de la biodiversité, socle du potentiel de la nature.

 

Impact sur l’eau

Le pétrole déversé en mer constitue une pollution importante et préoccupante à l’échelle globale. Sachant que le cinquième de la production provient des gisements offshores, des accidents surviennent pendant l'extraction et le transport des hydrocarbures. On estime à six millions de tonnes par an la quantité d'hydrocarbures introduite dans les océans par l'activité humaine ce qui constitue par conséquent une cause fondamentale de la pollution des océans.
© Shutterstock

 

Emere Godwin Bebe Okpabi brandit une bouteille en plastique remplie d'eau croupie: la preuve, pour ce chef tribal, de la pollution qui ravage le delta du Niger et pour laquelle il est venu chercher justice à Londres.
© AFP

 

Au-delà de la pollution des eaux marines par des solvants toxiques –ce qui entraine un impact négatif sur la faune marine avec des conséquences sur l’Homme qui consomment les poissons-, ce que nous pouvons craindre le plus sont les marées noires. Ces types de catastrophes sont assez bien documentés ; on peut citer les cas de EXXON Valdez en Alaska (Etats Unis), de Erika en Bretagne (France). Devant ce risque potentiel à venir, Le Sénégal devrait adhérer (si cela n’a pas encore était fait) au FIPOL (Fonds internationaux d’indemnisation
pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures) mis en place par les États pour indemniser les victimes des dommages par pollution résultant de déversements d’hydrocarbures persistants provenant de navire-citerne. Il existe également un autre type de Convention internationale sur la responsabilité et l’indemnisation pour les dommages liés au transport par mer de substances nocives et potentiellement dangereuses (Convention SNPD, Substances Nocives et Potentiellement Dangereuses). Elle a pour objet de garantir une indemnisation convenable, prompte et efficace pour les dommages aux personnes et aux biens, le coût des opérations de nettoyage, les mesures de remise en état et les pertes économiques liés au transport par mer de substances nocives et potentiellement dangereuses (SNPD).

 

La somme de tous ces impacts ont des effets dramatiques sur la nature par la réduction de la biodiversité, la disparition des forets entre autres, ce qui contribue à la dégradation de notre environnement donc de la nature. Nous réconcilier avec la nature, c’est limiter cette dégradation à défaut de ne pouvoir la supprimer, c’est réduire notre empreinte écologique (il faudra replanter des arbres dans tout le pays), c’est œuvrer pour un développement durable ne serait-ce que pour les générations futures, c’est respecter les PGES (Plan de Gestion Environnementale & Sociale) issus des études d’impact environnemental. Restaurons tous nos espaces verts qui auraient tendance à disparaître au détriment d’édifices « d’utilité publique » ; ceci est inquiétant car d’après plusieurs études, une plus grande proportion d’espaces verts est associée à une meilleure santé des populations…

Donc agissons et tous ensemble car il n’y a pas de petits gestes quand nous sommes des millions à les faire.

Pr Adams TIDJANI
RES les Verts